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Bâtons de supporter en concert : l’ambiance sans ruiner le son

Bâtons de supporter en concert : où ils gênent la régie, quand les distribuer, et les 102 dB(A) à garder en tête avant de commander pour votre date.

Rubrique
RUB-04 · DJ & Sono
Par
Theo Gallet
Publié
09.10.2026
Lecture
10 min
Bâtons de supporter en concert : l’ambiance sans ruiner le son
Photo Alessia Marcon / Unsplash

Vous organisez une date dans une salle de 250 places ou un petit festival en plein air, et quelqu’un de l’équipe propose de distribuer des bâtons gonflables à l’entrée. Bonne idée pour l’ambiance. Côté régie, la question arrive tout de suite : qu’est-ce que ça fait au son ? Des bâtons de supporter personnalisés aux couleurs de l’événement, ce sont plusieurs centaines de petites percussions lâchées dans le public, sans tranche sur la console pour les baisser. Ça se gère très bien. À condition d’y penser avant la balance, pas pendant.

Ce que des bâtons de supporter changent au son d’une salle

Deux tubes de plastique gonflés, frappés l’un contre l’autre. Le son produit est impulsif : une attaque sèche, très brève, puis plus rien. Rien à voir avec un public qui chante, qui remplit l’espace en continu. Ici, vous ajoutez des crêtes.

J’ai cherché un chiffre sérieux, mesuré au sonomètre, pour ces bâtons frappés par une foule. Je n’en ai pas trouvé. Les valeurs qui circulent n’indiquent ni la distance ni le protocole, et je refuse de vous en donner une au hasard.

Ce qu’on a, c’est un ordre de grandeur pour une foule sans bâtons. En octobre 2007, des acousticiens de Penn State ont mesuré le public d’un stade de football américain : une crête à 122 dB, tenue une dizaine de millisecondes, et environ 110 dB dès qu’on moyenne sur une seconde ou plus. En fin de match, la mesure retombait entre 80 et 90 dB. Retenez l’écart entre la crête et la moyenne. C’est exactement le profil d’un claquement.

Pourquoi ça vous concerne ? Parce qu’en France, le décret n° 2017-1244 du 7 août 2017 plafonne les sons amplifiés à 102 dB(A) et 118 dB(C), moyennés sur 15 minutes, en tout endroit accessible au public. L’ancien seuil était de 105 dB(A). Le texte vise la diffusion amplifiée. Le micro de mesure posé en régie, lui, ne trie pas : il additionne votre façade et tout ce que la salle renvoie. Si vous mixez déjà à un cheveu de la limite, vous n’avez aucune marge pour le public. Je garde toujours quelques décibels sous le plafond, et encore plus un soir de bâtons.

Le saviez-vous ?

Ces bâtons viennent de Corée du Sud. D’après l’article « Thundersticks » de Wikipédia (version anglaise, consultée le 9 octobre 2026), ils ont été créés par la société BalloonStix Korea et utilisés pour la première fois en 1994, lors d’un match de baseball des LG Twins. Là-bas, on les appelle « makdae pungseon », littéralement des ballons-bâtons. Un accessoire de stade, donc, pensé pour de grands volumes ouverts.

Petite salle ou plein air, le bruit du public ne pèse pas pareil

Un accessoire né dans un stade de baseball ne se comporte pas de la même façon entre quatre murs. En plein air, le claquement part et ne revient pas. Dans une salle basse de plafond, il rebondit sur le mur du fond, sur le bar, sur le plafond, et il revient vers la scène quelques instants plus tard. Vos micros ouverts le reprennent deux fois.

Mon avis est tranché. Dans un bar de 40 m², je ne distribuerais pas de bâtons : le premier rang est à deux mètres des micros chant, et vous n’avez aucun moyen de l’éloigner. Dans une salle de quelques centaines de places avec une scène surélevée, oui, sous conditions. En extérieur, allez-y franchement.

Public d'un festival en plein air levant les bras devant la scène
En extérieur, le son du public se disperse au lieu de revenir vers la scène. Photo Jade Masri / Unsplash

Un point de réglementation qu’on me cite de travers à chaque fois. Les lieux de spectacle vivant de moins de 300 personnes, hors discothèques, sont dispensés d’enregistrer les niveaux en continu et de les afficher. Ils ne sont pas dispensés des plafonds. Les 102 dB(A) valent pour vous aussi.

Et si votre événement s’adresse à des enfants jusqu’à six ans, le même décret descend à 94 dB(A) et 104 dB(C) sur 15 minutes. Dans ce cas, je laisserais les bâtons au stand photo, pas dans la fosse.

Micros d’ambiance et captation : où le claquement pose problème

Le vrai sujet n’est pas la façade. C’est tout ce qui capte la salle. Deux cas reviennent : les micros d’ambiance qui alimentent les retours intra-auriculaires (les « in-ears ») des musiciens, et la paire qui sert à l’enregistrement ou au direct vidéo.

Ingénieur du son devant sa console de mixage pendant un concert
Le public n’a pas de tranche sur la console : tout se joue au placement des micros. Photo Rob Wingate / Unsplash

Un musicien qui joue avec des in-ears entend la salle par ces micros d’ambiance. Si une paire de bâtons claque à un mètre de la capsule, il prend la crête directement dans l’oreille. Personne n’aime ça au milieu d’un couplet. Prévenez le groupe, et baissez l’ambiance dans les retours pendant les passages où le public tape.

Pour la captation, l’erreur classique consiste à laisser les micros d’ambiance en bord de scène, à hauteur de tête, pointés vers le premier rang. Vous enregistrez alors trois spectateurs et pas une salle. Montez-les haut sur pied, ou reculez-les vers la régie, pour capter le public comme une masse. Ensuite, posez un limiteur sur le bus d’ambiance. Pas un compresseur réglé serré sur le mix général : il pomperait à chaque salve et la voix plongerait avec.

Dernier piège, les micros chant ouverts pendant un morceau calme. Un noise gate ne vous sauvera pas, le claquement passe largement au-dessus du seuil. La solution est humaine. On ne tape pas sur la ballade.

Quand les distribuer et à quel moment du concert les faire taper

Distribuer à l’ouverture des portes, c’est offrir une heure de claquements désordonnés pendant le changement de plateau et la première partie. Je ne le ferais pas. Les bâtons se gonflent sur place, et un spectateur qui en a deux dans les mains s’en sert tout de suite.

Mieux vaut les remettre juste avant la tête d’affiche, ou à l’entracte. Et surtout, donnez un signal. Le chanteur ou l’animateur annonce les moments : l’entrée en scène, un refrain précis, le rappel. Entre ces moments, la plupart des gens posent les bâtons d’eux-mêmes dès qu’on leur a dit quand s’en servir.

Calez ces repères avec l’artiste avant la date, noir sur blanc dans la conduite. Trois moments suffisent. Au-delà, l’effet s’use, et votre régisseur passe la soirée la main sur le fader d’ambiance.

Logo, couleurs, quantité, ce qui se décide avant de commander

Sur sa page, le fabricant XABA SAS, installé à Saint-James dans la Manche, met trois arguments en avant. Une matière prévue pour tenir en stade bondé comme en festival de plein air. Une personnalisation par logo, slogan et couleurs. Un coût qu’il présente comme abordable, avec un devis gratuit sur demande. Aucun tarif n’est affiché, donc demandez le vôtre tôt.

Côté scène, pensez lumière avant de penser charte graphique. Une couleur claire accroche les projecteurs et se voit depuis le fond de salle, là où une teinte sombre disparaît dès que le plateau passe au noir. Si vous filmez, c’est encore plus net à l’image.

Sur la quantité, mon parti pris va contre l’instinct. N’équipez pas toute la jauge. Une salle où une personne sur deux tape produit déjà l’effet visuel recherché, et elle vous laisse une marge sonore. Demandez aussi le délai de livraison avant de fixer la date d’annonce.

Bâtons de supporter : les points à régler avant le concert

Ce qu’annonce le fabricant

Tenue en stade bondé ou en festival de plein air

Ce que vérifie la régie

Le type de lieu : plafond bas, distance entre premier rang et micros

Ce qu’annonce le fabricant

Logo, slogan et couleurs au choix

Ce que vérifie la régie

Le placement des micros d’ambiance et le limiteur sur leur bus

Ce qu’annonce le fabricant

Un coût présenté comme abordable, devis gratuit

Ce que vérifie la régie

Le moment de distribution et les trois signaux inscrits dans la conduite

Plafond légal à garder en tête : 102 dB(A) et 118 dB(C) sur 15 minutes (décret n° 2017-1244 du 7 août 2017). Arguments du fabricant relevés sur sa page le 9 octobre 2026.

Le point à caler avec votre régisseur son avant la date

Un bon réglage sauve une soirée, et celui-ci prend dix minutes. Commandez une paire d’avance, ou gardez-en une du carton, et apportez-la à la balance. Ce test-là, personne ne le fait, alors qu’il répond à toutes les questions d’un coup.

Micros d’ambiance ouverts, façade au niveau du concert, quelqu’un se place dans la fosse et tape. D’abord au premier rang, puis au milieu, puis au fond. Le régisseur regarde trois choses : la crête sur le bus d’ambiance, ce que le musicien entend dans ses in-ears, et le sonomètre. Si la crête sature au premier rang, on recule les micros ou on les monte. Jamais l’inverse, jamais « on verra ce soir ».

Notez ensuite le réglage du limiteur et la position des pieds sur la fiche technique de la salle. À la prochaine date avec bâtons, vous repartirez de là. Et gardez la paire de test dans la valise de régie, à côté du ruban adhésif.

Questions fréquentes

Les bâtons de supporter peuvent-ils faire dépasser la limite sonore légale ?

Le décret n° 2017-1244 plafonne les sons amplifiés à 102 dB(A) et 118 dB(C) moyennés sur 15 minutes. Des claquements par salves pèsent moins sur cette moyenne qu’une façade poussée en continu, mais le micro de mesure additionne tout ce qu’il reçoit. Gardez quelques décibels de marge sur votre mix.

Faut-il prévenir les musiciens avant de distribuer des bâtons au public ?

Oui, surtout s’ils jouent avec des retours intra-auriculaires alimentés par des micros d’ambiance. Un claquement proche de la capsule arrive directement dans l’oreille. Convenez avec eux des moments où le public tape et baissez l’ambiance dans les retours à ces instants.

D’où viennent les bâtons gonflables de supporter ?

De Corée du Sud. Selon l’article « Thundersticks » de Wikipédia en anglais, ils ont été créés par BalloonStix Korea et utilisés pour la première fois en 1994 lors d’un match de baseball des LG Twins.

Combien de bâtons commander pour un concert ?

Moins que la jauge. Une salle où une personne sur deux en a une paire produit déjà l’effet visuel, avec moins de bruit à gérer en régie. Le fabricant n’affiche pas de tarif sur sa page : demandez un devis et le délai de livraison avant de fixer la quantité.

Sources

Décret n° 2017-1244 du 7 août 2017 relatif à la prévention des risques liés aux bruits et aux sons amplifiés, seuils repris par la Banque des Territoires (« Les lieux de musiques amplifiées et les festivals vont devoir baisser d’un ton ») et par le Centre d’information sur le bruit (support de la rencontre de Rennes, 5 décembre 2018).

Assemblée nationale, réponse ministérielle à une question écrite de la 15e législature sur les lieux de moins de 300 personnes.

Penn State University, communiqué du 29 octobre 2007 sur les mesures de bruit de foule en stade.

Wikipédia (version anglaise), article « Thundersticks », consulté le 9 octobre 2026.

Page d’accueil du fabricant XABA SAS (Saint-James), lue le 9 octobre 2026.

Theo Gallet

Rédacteur · musique, expériences auditives, matériel hi-fi

Théo s’occupe du matériel DJ, de la sonorisation, des micros et des guides pratiques : câblage, réglages, entretien.

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