Shure Beta 58 ou SM58 : lequel choisir pour chanter sur scène ?
Shure Beta 58 ou SM58 : supercardioïde ou cardioïde, 4 dB de sortie en plus, gestion du bruit. Les repères pour choisir votre micro chant de scène.
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- RUB-06 · Actu
- Par
- Theo Gallet
- Publié
- 20.10.2026
- Lecture
- 9 min
Le chanteur recule d’un pas, le retour posé au sol se met à siffler, et toute la salle grimace. Avant de toucher l’égaliseur, regardez le micro qu’il tient en main. Pour choisir un micro chant entre le Shure Beta 58 et le SM58, tout part de là : la façon dont chacun ignore ce qui arrive par les côtés ou par l’arrière.
Bon point de départ : le comparatif publié par Thriller Tour – Live commence par le diagramme polaire, puis passe à la sensibilité et à la gestion du bruit. Je reprends ses repères en me plaçant sur la scène, câble XLR en main.
Shure Beta 58 et SM58, deux micros chant pensés pour la scène
Ces deux micros dynamiques viennent de la même maison et visent le même usage, la voix en live. Thriller Tour – Live les décrit comme deux micros aux qualités remarquables. Chacun capte parfaitement le son qui arrive de face, c’est-à-dire de la bouche du chanteur. La vraie question, c’est donc ce qu’ils laissent de côté.
Référence ancienne, le SM58 a été lancé par Shure en 1966. Shure l’a lancé en 1966 et l’encyclopédie Wikipédia le présente encore comme le standard du métier pour la voix sur scène. Son cousin, le Beta 58, arrive comme une variante plus pointue de la même idée. Pas mieux ou moins bien dans l’absolu : réglé autrement, pour d’autres scènes et d’autres voix. Dans une petite salle, à mon avis, le comportement face aux retours passe avant la fiche technique, et c’est ce que je regarde en premier.

Photo Brett Sayles / Pexels
Le saviez-vous ?
Sorti en 1966, le SM58 n’a pas pris une ride : soixante ans plus tard, Wikipédia (fiche « Shure SM58 », consultée le 20 octobre 2026) le décrit toujours comme le micro de référence pour le chant en concert, avec une bande passante annoncée de 50 Hz à 15 000 Hz.
Supercardioïde ou cardioïde, où chaque micro rejette le son
Le diagramme polaire, c’est la carte de ce que le micro entend. Franchement, le comparatif a raison de le placer en tête de ses critères. Directivité supercardioïde pour le Beta 58, cardioïde pour le SM58, avec un diagramme unidirectionnel.
Concrètement, un cardioïde dessine une zone de captation en forme de cœur. Il entend bien devant lui, un peu moins sur les côtés, et presque rien derrière la capsule. Résumé du comparatif, en une ligne : le cardioïde rejette mieux par l’arrière. Le supercardioïde resserre le lobe avant. Il rejette mieux par les côtés, et il reste directionnel.
Ce que ça change pour vous ? Avec un SM58, tout ce qui se trouve dans le dos du micro disparaît bien du mix : la batterie derrière le chanteur, le public quand le micro est tourné vers la scène. Côté Beta 58, ce sont la guitare de droite et le clavier de gauche qui reculent. Le bon réflexe avant d’acheter : faire le plan de votre scène. Notez d’où viennent les sources gênantes, le choix devient évident.
Beta 58 ou SM58 : les différences en un coup d’œil
Shure Beta 58
Directivité : supercardioïde
Meilleur rejet : par les côtés, moins sensible au larsen avec les retours de scène
Aimant : néodyme, sortie plus chaude de 4 dB
Réponse en fréquence : bas et haut de gamme étendus
Bruit : suspension pneumatique avancée
Shure SM58
Directivité : cardioïde, unidirectionnelle
Meilleur rejet : par l’arrière
Sortie : belle sortie sans aimant néodyme
Réponse en fréquence : taillée pour la voix, médiums et basses qui contrôlent l’effet de proximité
Bruit : filtre sphérique intégré contre le vent et la respiration
Captation de face parfaite pour les deux modèles. Source : comparatif Thriller Tour – Live.
Retours de scène et larsen : le placement selon le diagramme polaire Le larsen, c’est une boucle.
Retours de scène et larsen : le placement selon le diagramme polaire
Le larsen, c’est une boucle. Le retour envoie la voix, le micro la reprend, la console l’amplifie, le retour la renvoie plus fort. Tout le jeu consiste à poser l’enceinte là où le micro n’entend presque rien.
Sur ce point, le comparatif est net : le supercardioïde, parce qu’il rejette mieux par les côtés, est moins sensible au larsen quand on utilise des moniteurs de scène. Sur une scène étroite où les retours finissent un peu de biais, ou avec un chanteur qui tourne la tête vers le batteur entre deux couplets, le Beta 58 garde de la marge.
Avec le SM58, le meilleur placement reste un retour posé dans son dos, c’est-à-dire au sol, face au chanteur, dans l’axe du pied de micro. Placement le plus classique sur les petites scènes, il tombe pile dans sa zone de rejet.

Photo Alfo Medeiros / Pexels
Dans les deux cas, la méthode de balance est la même. Montez le retour jusqu’au premier sifflement, notez le cran, puis redescendez de quelques degrés. Je conseille de le refaire à chaque date : une scène de 20 m² ne renvoie pas le son comme celle de la semaine dernière.
Aimant néodyme et 4 dB de sortie en plus sur le Beta 58
Sous la grille du Beta 58 se cache un aimant en néodyme. D’après le comparatif, c’est lui qui donne au micro une grande sensibilité et une sortie plus chaude de 4 décibels, pour un son clair et détaillé.
Je pense signal avant matériel, alors traduisons. 4 dB de plus en sortie, c’est un signal qui arrive plus fort à l’entrée de la console. Résultat : moins de gain au préampli pour obtenir le même niveau. À mon avis, ce gain gardé en réserve compte vraiment sur une petite table de mixage, surtout pour une voix douce qui chante loin du micro.
Pas d’aimant néodyme sur le SM58, et le comparatif précise que ça ne l’empêche pas de sortir un beau signal. Prévoyez simplement un ou deux crans de gain en plus à la balance. Un réglage, pas un défaut : un gain bien calé sauve plus de concerts qu’un changement de micro.
Réponse en fréquence : médiums du SM58, bande étendue du Beta 58
La réponse en fréquence dit quelles notes le micro restitue, et avec quel poids. Pour le Beta 58, bas et haut de gamme sont assez étendus. En face, le SM58 propose une réponse taillée pour la voix, avec des médiums et des basses travaillés pour contrôler l’effet de proximité. Wikipédia lui donne une plage de 50 Hz à 15 000 Hz.
L’effet de proximité, chaque chanteur le connaît sans forcément le nommer. Plus la bouche est près de la grille, plus les graves gonflent. Avec une voix de crooner collée au micro, ça peut vite gronder. Ce gonflement, le SM58 est conçu pour le garder sous contrôle. De son côté, le Beta 58, avec son aigu plus ouvert, met en avant le détail des consonnes et le souffle d’une voix claire.
Une nuance du comparatif me paraît juste : selon le caractère tonal de votre voix, la réponse étendue vous servira ou non. Dix minutes suffisent pour le vérifier. Chantez le même couplet dans les deux micros, à la même distance, égaliseur à plat. Votre oreille tranchera mieux qu’une courbe.
Bruits de manipulation, vent et souffle : la réponse de chaque modèle
Un micro tenu à la main encaisse tout : les doigts qui glissent, le câble qui frotte, le pied qui cogne. Face à ça, le Beta 58 répond avec un système de suspension pneumatique avancé qui isole la capsule et rend le micro beaucoup plus silencieux en main.
Côté SM58, le traitement vise surtout ce qui vient de la bouche. Son filtre sphérique intégré réduit au maximum les bruits de vent et de respiration, et sa directivité isole la source principale en diminuant les bruits de fond gênants. Pour un chanteur qui attaque fort les « p » et les « b », ou pour une scène en plein air, c’est exactement ce qu’il faut.
Mon conseil reste le même pour les deux : faites tourner le micro dans la main pendant la balance, casque sur les oreilles. Le public entendra pendant le concert ce que vous entendez à ce moment-là.
Sensibilité, niveau sonore, ergonomie : les trois critères pour choisir un micro chant
Trois critères à croiser concluent le comparatif. Le premier, la sensibilité, se choisit selon vos besoins : une voix puissante sur une scène bruyante et une voix intime en home-studio ne demandent pas la même chose. Le deuxième, le niveau sonore, se situe d’après lui entre 90 et 100 dB pour un micro chant. Le troisième, l’ergonomie, se juge en main : le poids, la prise, le confort sur un set de deux heures.
Les 3 critères pour choisir un micro chant
1. Sensibilité
À choisir selon vos besoins : scène bruyante, petite salle ou enregistrement.
2. Niveau sonore
Entre 90 et 100 dB recommandés pour un micro chant.
3. Ergonomie
Prise en main, poids, confort sur toute la durée du set.
Repères tirés du comparatif Thriller Tour – Live.
Ma façon de trancher tient en deux questions. Vos retours sont sur les côtés, ou vous bougez beaucoup ? Dans ce cas, le supercardioïde du Beta 58 et ses 4 dB de sortie en plus vous donnent de la marge. Votre retour est posé face à vous et vous cherchez une voix posée, sans grondement de proximité ? Mieux vaut alors le cardioïde du SM58, fait pour ça depuis 1966.
Avant la prochaine date, gardez dix minutes de balance pour le micro seul : gain calé, retour monté jusqu’au premier sifflement puis redescendu, un couplet chanté à la distance réelle du concert. C’est là que le bon micro montre ce qu’il vaut.
Questions fréquentes
Quelle est la différence principale entre le Shure Beta 58 et le SM58 ?
La directivité. Supercardioïde, le Beta 58 rejette mieux par les côtés ; cardioïde, le SM58 rejette mieux par l’arrière. Tous deux captent parfaitement le son venant de face.
Quel micro choisir pour limiter le larsen avec des retours de scène ?
Plutôt le Beta 58 : son diagramme supercardioïde le rend moins sensible au larsen avec des moniteurs de scène. Quant au SM58, il donne le meilleur de lui-même avec un retour placé derrière sa capsule, face au chanteur.
Que veulent dire les 4 dB de sortie en plus du Beta 58 ?
Grâce à son aimant en néodyme, le Beta 58 envoie un signal plus fort à la console. Vous montez moins le gain du préampli pour obtenir le même niveau, et le son reste clair et détaillé.
Quel niveau sonore viser pour un micro chant ?
Le comparatif de Thriller Tour – Live recommande entre 90 et 100 dB, à croiser avec la sensibilité et l’ergonomie du micro.
Sources
Thriller Tour – Live, « Shure beta 58 ou sm58, comment choisir ? » (lu le 18 octobre 2026) : diagrammes polaires, aimant néodyme et 4 dB, réponse en fréquence, gestion du bruit, critères de choix.
Wikipédia, fiche « Shure SM58 » (consultée le 20 octobre 2026) : lancement en 1966, plage de 50 Hz à 15 000 Hz, statut de référence pour le chant en concert.

Rédacteur · musique, expériences auditives, matériel hi-fi
Théo s’occupe du matériel DJ, de la sonorisation, des micros et des guides pratiques : câblage, réglages, entretien.



